Spécialistes en aménagements cyclistes

Le dépassement de soi par le vélo (Partie 1)

25/04/2018

 

La saison du vélo est finalement arrivée, du moins, pour la majorité des sportifs de saison qui profitent des températures clémentes pour reprendre le vélo. Après tout, ça ne s’oublie pas! Geneviève n’est pas du genre à s’arrêter aux températures. Elle s’adaptera au changement de saison pour continuer l’un de ses sports favoris sur une station d’entrainement à l’intérieur. Voici le témoignage d’une source d’inspiration pour plusieurs, mais surtout d’une sportive au grand cœur.

 

Qui est Geneviève?

 

Elle est une Ironman. La barre haute déjà. Elle ne se l’avouera jamais, mais elle est une sportive de haut niveau, qui apprécie les défis de la compétition autant que le loisir du sport. Amoureuse de l’activité physique, elle travaille dans une boutique Courir, à Montréal. La course et la natation sont des sports qu’elle apprécie, mais jamais autant que le vélo. Pour elle, ce sport s’associe au plaisir, à l’évacuation du stress, aux paysages et à l’activité physique. Mère d’une pré-ado, il arrive régulièrement qu’elle l’entraine avec elle dans ses parcours. « On joue à la tague. Comme ça, on met un peu de divertissement dans le sport et ça fait bouger. Les efforts sont présents et c’est plus amusant que de seulement se promener. » C’est énergique et dynamique. Le tout se termine habituellement par une pause méritée au bord du fleuve, sous le soleil.

 

À quel type de cycliste avons-nous affaire?

 

Geneviève a toujours couru. Lorsque la trentaine a frappé, l’envie de courir un marathon a transporté son intérêt vers un autre niveau. Elle a réussi et ne faisait qu’en demander plus pour la suite. La natation, c’était suffisant, mais le vélo est devenu le sport principal. Elle a eu besoin d’aide, le handicap l’exigeait presque. La vitesse, le sentiment de liberté, ces éléments l’ont emporté. Elle reconnait qu’elle profite largement de la saison chaude pour profiter à fond du vélo. Par contre, en hiver, son entrainement est adapté et continue sur son home trainer. C’est plus sécuritaire et elle a raison du froid extérieur.

 

Lorsque le beau temps revient, on retourne à l’extérieur. Très tôt en journée de semaine, « lorsque le soleil n’est pas réveillé », son aventure démarre et elle cumule un aller-retour d’environ 40 à 50 kilomètres. Tout ça avant le boulot. Le week-end, c’est la liberté des grandes et longues routes à l’extérieur de la ville. « J’habite en ville, mais pas en ville. Je suis près des berges du fleuve dans Verdun. J’ai une piste cyclable qui me permet d’aller au-delà du West Islandjusqu’à Saint-Eustache, ou encore j’ai l’Estacade qui me donne accès à la Rive-Sud, jusqu’aux États-Unis. » La plupart du temps, elle circule sur les pistes cyclable. Elle peut s’adonner à des jeux de vitesse lorsque le parcours est en site propre, à l’instar de croiser des piétons ou des automobilistes.

 

Mais elle n’est pas seulement une cycliste. Elle insiste, la natation et la course font partie de sa vie également. Quand ce n’est pas le vélo en matinée, ce peut être la nage dans le fleuve Saint-Laurent, le long des berges. Elle prend note des conditions et de la propreté de l’eau, son wet suitet elle se lance à l’eau. « Je ne vais pas au niveau des rapides, car ça peut être risqué. La différence de vitesse (et l’effort) entre la nage à contre-courant et avec celui-ci, ça va du simple au double! » C’est impressionnant et surprenant de savoir que des sportifs s’aventurent dans le fleuve ainsi. On en oublie presque la nature même du plan d’eau et des loisirs qu’il peut offrir.

 

La course, c’est pour le commuting. Elle se rend régulièrement au travail à la course, ou encore la pratique en soirée. L’handicap visuel est moins restrictif à basse vitesse : les variations de vitesses et les reliefs se mélangent moins, c’est donc plus facile que le vélo.

 

Quel est l’handicap dont il est question?

 

L’œil gauche est aveugle. Donc tous les virages à gauche et l’angle mort avec les véhicules sur la route sont difficiles. Toutes les questions de profondeurs sont à oublier. L’être humain s’adapte beaucoup. Avec le handicap depuis la naissance, d’autres sens se sont développés pour l’aider dans ses activités. L’ombre et la lumière deviennent des points de repères importants pour mesurer les profondeurs. « Avec le temps, ça m’a aidé à être plus sécuritaire et avoir confiance en moi. » Car à Montréal, en ville, il faut avoir les yeux tout le tour de la tête. Pour un virage à gauche à une lumière, elle prendra sa place et se positionnera dans la voie de virage à gauche.

 

D’ailleurs, elle affirme qu’elle respecte vraiment la règlementation à vélo : les limites de vitesse, les feux de circulation, les arrêts obligatoires, etc. Lorsqu’on y pense, c’est logique de vouloir tout respecter et le mieux possible, lorsqu’on n’a pas une vision parfaite. Qu’à cela ne tienne, elle reconnait avoir eu de la chance depuis qu’elle roule sur les routes. Rien de grave ne lui est vraiment arrivé. « Je me suis plutôt fait offrir des fruits sur le bord de la route! »

 

Par contre, elle prend sa place sur la route. Elle préfère cela à rouler dans l’accotement de gravier et rater des obstacles. Elle félicitera les bons conducteurs de la route pour respecter les distances d’un thumb up, et avec raison elle se fâchera contre ses compatriotes cyclistes qui ne respectent pas la règlementation.

 

(la suite la semaine prochaine…)

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