Spécialistes en aménagements cyclistes

Le dépassement de soi par le vélo (Partie 2)

07/05/2018

 

Clairement, Geneviève a parcouru beaucoup de kilomètres à vélo. Quelles sont les forces et faiblesses de l’aménagement des parcours à vélo du coin?

 

 

« La règlementation! Aucun rapport direct avec l’aménagement, mais il y a beaucoup de zones grises ». Par exemple, le vélo doit respecter le Code de sécurité routière, mais aussi les règles de circulation piétonne. Aussi, la vitesse maximale autorisée sur piste cyclable est de 20 km/h, mais lorsqu’on veut circuler sur la route, il faut avoir un minimum de 30 km/h.

 

Dans le secteur du centre-ville de Montréal, ils ont aménagé les zones vertes d’arrêt, prioritaires pour les vélos qui permettent de se positionner devant les voitures et s’assurer d’une visibilité. C’est ce qu’on appelle les zones d’entrecroisement. Elles ont pour objectif de faciliter les mouvements des cyclistes aux intersections par rapport aux automobilistes, les rendre visibles à tous et encourager un croisement sécuritaire en amont de l’intersection. Définitivement, selon Geneviève, c’est un aménagement qui devrait se retrouver un peu partout sur le réseau cyclable de la métropole.

 

Trois cas de figure sont présents principalement à Montréal. Le premier est représenté par les pistes cyclables en site propre, complètement isolées de la circulation automobile, où le croisement d’autres usagers sera principalement avec des piétons ou autres cyclistes. Plusieurs endroits en ville sont conçus ainsi, comme la Canal de Lachine et l’Île-des-Sœurs. La cohabitation est respectée et la séparation est mieux marquée, ce qui fait en sorte que les usagers de la route font preuve de prudence et sont attentifs.

 

Le deuxième cas concerne les pistes cyclables en bordure de rue ou sur un trottoir où on l’a aménagé au profit d’une vocation différente. Le meilleur exemple est la piste cyclable sur le boulevard de Maisonneuve, où on a simplement retiré une voie de circulation pour faire place aux cyclistes. Bien qu’une bordure de béton soit aménagée, peu de ces corridors cyclistes sont entiers au niveau de la signalisation et des feux de circulation. Il ne suffit pas de séparer simplement les vélos des autos par du béton. Il faut que la signalisation soit claire. Geneviève mentionne son exemple de la route 117, dans le Nord, à Mont-Tremblant où des cyclistes s’entrainent régulièrement. Des affiches ont été installées pour sensibiliser les automobilistes qu’il y a présence de vélos. « Je suis plus à l’aise de rouler là-bas, et on parle d’une zone à 90 km/h! ».

 

Le troisième exemple est la piste cyclable improvisée, celle qui fait partie souvent des promesses d’élection, qui n’a pas sa place sur la route où elle est peinturée, qui est extrêmement intrusive et où la cohabitation est difficile, autant pour les automobilistes qui se font envahir que pour les cyclistes qui sont constamment dans une zone d’inconfort. Le plaisir disparait en même temps que la marge de manœuvre.

 

La route idéale n’a pas de muret et possède que des séparateurs pour marquer les zones d’interactions avec les autres usagers de la route. Même qu’en en bordure de rue, les pistes cyclables sont accessoires. Une bonne signalisation, un accotement large et pavé, sont des éléments qui sont gage de succès et de popularité.

 

Outre la configuration de la voie, ce sont les équipements qui manquent : abreuvoirs, pompe à air, etc. « Il a une station sur le Canal et elle est super pratique ». Elle a pu s’apercevoir qu’il y en avait une autre sur le CGV, ou le circuit Gilles Villeneuve. Encore une fois, ce n’est pas tout d’avoir aménagé cette station, il serait bon d’indiquer où elle se situe, un peu à la façon des stations-services, à X distance. « Quand j’entre dans un village que je ne connais pas et que j’ai besoin d’arrêter pour une crevaison ou de l’air, ça serait bon d’indiquer s’il existe une station comme ça et où elle se trouve ». Les ressources des cyclistes sont limitées s’ils veulent parcourir de longues distances et le fait d’identifier ce genre de repère pourrait être profitable. Le parcours est plus rassurant et on peut mieux planifier les relais.

 

Ce type de station est-il important pour un cycliste?

 

Absolument. Les cyclistes comme Geneviève réalisent de bonnes distances et ne transportent que très rarement de l’équipement avec eux. La difficulté au niveau des stations d’entretien, c’est la gamme d’outils disponibles. C’est facile de s’en servir lorsqu’on en connait leur utilité. Les cyclistes qui ne savent pas du tout comment s’en servir passeront tout droit. Selon Geneviève, un cycliste de sa trempe ne connait que très peu sur l’utilité des outils disponibles, alors aller imaginer que le cycliste occasionnel s’y repèrera facilement est presque impossible. Une fiche d’utilisation, un guide de fonctionnement, comme on peut en trouver sur un équipement de gym au parc, ce serait parfait et plus facile pour le visiteur peu orthodoxe.

 

Outre les outils, il faut penser à l’hydratation. Elle sait que des fontaines verticales pour le remplissage des gourdes existent, alors pourquoi ne pas en retrouver aux abords des pistes cyclables? « Après tout, les chiens ont bien leurs abreuvoirs! »

 

En terminant, le prochain grand défi de Geneviève?

 

Après avoir participé à son premier Ironman au Mont-Tremblant, et après un demi-Ironman à Miami, Geneviève ne veut rien de moins que… refaire un Ironman. « Faut bien voir si on s’améliore! » Par contre, elle reconnait que la santé dicte la suite dans ses efforts, mais souhaite malgré tout restée active. Le sentiment d’être à la limite de ses capacités et de pouvoir les repousser est incroyable. 

 

« À vélo, quand on part, c’est la liberté totale. Toi, toi-même et la liberté du choix, tout est beau même s’il fait gris, dans les champs de maïs qui est plus haut que soi, les éoliennes en arrière, les montées, les sommets et les paysages qui entourent, par la suite sur le bord de l’eau, comme dans la région de Tadoussac, longer les rivières et les plans d’eau. »

 

« En moto, il y a certainement un meilleur contact avec la nature qu’en voiture, mais à vélo l’action physique du déplacement, le travail pour la santé, le défoulement et la contemplation de ce qui nous entoure, c’est simplement magique. »

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